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Le cri sans écho du ghetto de Varsovie

 
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dorcas
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MessagePosté le: Dim 28 Mar - 23:25 (2010)    Sujet du message: Le cri sans écho du ghetto de Varsovie Répondre en citant

Le cri sans écho du ghetto de Varsovie

Qualifié de « roman » par Yannick Haenel, le livre Jan Karski (1) est composé de trois parties : un résumé de la séquence de Shoah, un résumé de l’auto-biographie de 1944 et un monologue imaginaire de Karski sur les événements qu’il a vécus. Claude Lanzmann

Cet agent – non-juif – de la résistance polonaise avait été chargé par le gouvernement en exil de son pays vaincu, de porter au monde le message de la Pologne martyrisée, et surtout, la nouvelle de l’extermination des Juifs et l’appel au secours du ghetto de Varsovie, peu avant 1′assaut final allemand de l’automne 1942.

Karski avait visité le ghetto. Il avait vu les corps nus abandonnés dans la rue, les enfants en guenilles troquant leurs maigres richesses, « trois oignons, deux oignons, quelques biscuits » dans une puanteur suffocante. Déguisé en gardien local, il avait même visité un camp d’extermination. Le message porté au monde se résume en quelques mots : « On ne peut pas permettre à Hitler de poursuivre l’extermination. Chaque jour compte. Nous voulons une déclaration officielle des nations alliées. Qu’elles annoncent sans détour, publiquement, que ce problème est leur. Que certains objectifs en Allemagne soient bombardés, détruits en représailles des crimes perpétrés contre les Juifs ».

Or 1′histoire, nous le savons, s’est déroulée autrement. Le voeu des Juifs voués à l’extermination n’a pas été exaucé. A Londres, à Washington où Karski est allé porter le message, le cri de détresse, raconter ce qu’il avait vu et vécu, il n’a pas été entendu. Et le monologue de Karski, imaginé par le romancier Haenel, rend compte de ce que fut, de ce qu’est restée devant l’histoire, l’attitude criminelle des démocraties, qui fait d’eux les complices des nazis dans la perpétration du crime. « Il n’y a pas eu de vainqueur en 1945, il n’y a eu que des complices et des menteurs. Tous, ils savaient. C’est en connaissance de cause qu’ils n’ont pas cherché à arrêter l’extermination des Juifs d’Europe. Le monde est entré dans une époque où la destruction ne trouverait bientôt plus d’obstacle, parce que plus personne ne trouverait rentable de s’opposer à ce qui détruit ».

Et Karski se résume lapidairement : « L’extermination des Juifs d’Europe n’est pas un crime contre l’humanité, c’est un crime commis par l’humanité », formule malheureusement justifiée et souvent déclamée par les commentateurs qui ont pensé le comment et le pourquoi de la shoah et ses conséquences.

Mais peut-on dire que l’humanité l’a perçu correctement et en a tiré la leçon ? Après avoir laissé le cri sans écho, elle a rejeté sa co-responsabilité et son attitude actuelle devant la nouvelle Shoah qui se prémédite et se prépare à Téhéran montre qu’elle n’est pas revenue de son erreur et est prête à récidiver.

Le livre de Haenel, en réitérant le message de 1942, constitue une nouvelle et utile mise en question et une mise en demeure de ceux qui ont failli il y a près de soixante-dix ans.

Un nouveau film de Claude Lanzmann

La publication du « roman » a d’ailleurs eu des conséquences plus qu’heureuses.

Claude Lanzmann contesta le droit moral d’un romancier de transformer en « fiction » l’événement d’histoire que fut la mission de Karski, et d’avoir trahi la vérité des faits: « Les scènes, les phrases (qu’il lui prête) relèvent de l’invention ». Haenel répliqua que « la littérature est un espace libre où la ‘vérité’ n’existe pas » (2).

Mais surtout, Claude Lanzmann a sorti deux mois plus tard une suite à Shoah de quelque quarante-cinq minutes, Le rapport Karski: le récit filmé de la rencontre de Karski et de Franklin Roosevelt en 1943, qu’il n’avait pas inclus dans Shoah. La première projection publique à eu lieu le 17 mars sur la chaîne de télévision Arte.

On voit, on entend Karski raconter et mimer Roosevelt écoutant son récit, posant des questions sur la Pologne ( y compris sur l’emploi des chevaux par son agriculture…) promettant que la Pologne ressusciterait et recevrait en compensation la Prusse orientale, mais ne posant pas de question sur l’extermination des Juifs. A entendre Karski, dans le nouveau film, on a 1′impression que l’extermination devenait, sous nos yeux, un « détail » de 1′histoire, dès 1943, avant même qu’elle ne fut accomplie et qu’on pouvait encore l’enrayer, la limiter en envergure.

Mais le pouvait-on ? C’est, au fond, la divergence entre la « fiction » et la « vérité » et la question qui reste encore posée en 2010. Le film de Lanzmann apporte une réponse.

Roosevelt avait envoyé Karski voir les autres dirigeants américains. Apparemment se déchargeait-il sur eux du soin de s’occuper de l’affaire, étant pris entièrement, en tant que chef suprême et le dirigeant le plus puissant au monde, par l’essentiel: la conduite de la guerre.

Aussi Karski rencontra-t-il notamment Felix Frankfurter, juge à la Cour suprême et l’un des chefs de la communauté juive américaine. Karski lui fit le récit qu’ il avait fait des dizaines de fois en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. La réaction de Frankfurter est rapportée, mimée par Karski, lentement, comme un acteur qui martèle un effet. Frankfurter proteste avec véhémence : « C’est impossible ! Totalement impossible ! Non ! Non ! ». Il ne disait pas que Karski mentait, Il disait qu’il ne croyait pas. Il disait que le monden’était pas préparé à entendre, à comprendre une telle situation. L’histoire est cruelle. Elle a connu des guerres, des défaites, des prisons, la torture. Mais une telle chose n’était jamais arrivée. Les cerveaux des leaders, qui opèrent dans des limites, avecdex connaissances et des précédentsn ne pouvaient pasd le comprendre. C’était inimaginable. Aussi ne pouvant l’imaginer, ils le rejetaient.

Ainsi, le nouveau film de Claude Lanzmann, Le rapport Karski, nous fournit des clefs.

Le monde civilisé n’est pas intervenu,, car il ne pouvait intervenir contre ce qu’il ne se représentait pas. Toute la problématique ultérieure, dans laquelle nous sommes plongés à ce jour, était posée dès le temps où Karski, ce « jeune homme », ce témoin de l’Enfer, était accueilli par des silences et des « non possumus »,aussi éloquents que les milliers de livres publiés sur la shoah depuis plus de soixante-cinq ans.

Les démocraties n’ont pas voulu aider, parce qu’elles ne pouvaient pas comprendre ce qui arrivait. Claude Lanzmann dit dans l’introduction du Rapport Karski que les Juifs ne pouvaient être sauvés, Karski affirme dans la « fiction » que la shoah a été commise avec la complicité des Alliés. Ils disent au fond la même chose.

Il n’y a pas de contradiction entre les deux « Karski », celui de la fiction haenelienne et celui du Rapport lanzmannien. La contradiction n’est qu’apparente.

(2) Le Monde, 26 janvier 2010, p. 19.

par Paul Giniewski
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Pour l`amour de Sion je ne me tairai point, Pour l`amour de Yeroushalaïm je ne prendrai point de repos, Jusqu`à ce que son salut paraisse, comme l`aurore, Et sa délivrance, comme un flambeau qui s`allume. 2 Alors les nations verront ton salut, Et tous les rois ta gloire; Esaïe 62 : 1
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