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Controverse concernant le Talmud

 
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dorcas
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MessagePosté le: Dim 13 Déc - 14:55 (2009)    Sujet du message: Controverse concernant le Talmud Répondre en citant

Controverse concernant le Talmud. 



De nos jours, les forums de discussions et les sites Internet proposant des listes de citations haineuses du Talmud à l'égard des chrétiens ou, plus généralement, des non-juifs, sont de plus en plus nombreux. Les accusations envers le Talmud ont une longue histoire, datant du XIIIe siècle, lorsque les associés de l'Inquisition tentèrent de diffamer les juifs et leur religion. Ces citations sont généralement extraites de l'ouvrage de Justin Bonaventure Pranaïtis : Le Talmud démasqué. Je vous propose de découvrir le personnage et l'affaire juridique dans laquelle il s'est humilié, perdant toute crédibilité, ainsi que ce qu'il en est dans la réalité.

1. Justin Bonaventure Pranaïtis

Justin Bonaventure Pranaïtis (1861-1917) était un prêtre catholique lituanien, ainsi qu'un professeur à l'Académie de Saint-Pétersbourg. En 1892, il publie Le Talmud démasqué (à l'origine, en latin : Christianus in Talmude Iudaeorum) dans l'ambition de démontrer la nature antichrétienne et haineuse du Talmud. Il est également connu pour sa participation à l'affaire Beilis dans laquelle il s'humilia en démontrant sa méconnaissance du Talmud. En raison de ses positions racites, il a été exécuté par la Commission extraordinaire, un service secret créé pour combattre les ennemis du régime bolchévique.

1.1. Le Talmud démasqué

Aujourd'hui, Le Talmud démasqué peut aisément être lu en ligne. En français, nous retrouvons la traduction de l'AAARGH, l'Association des anciens amateurs de récits de guerre(s) et d'holocauste(s), un site négationniste qui propose, entre autres, des ouvrages antisémites en téléchargement.

L'historien Vygantas Vareikis a publié une étude à propos de l'ouvrage de Pranaïtis dont je vous propose la traduction d'un extrait.

Citation:

Les déclarations anti-juives dans le domaine de la théologie ont été répétées par le prêtre et professeur de l'Académie de Saint-Pétersbourg, Justin Bonaventure Pranaïtis. En 1911, il fut invité par les procureurs pour apporter son expertise dans l'affaire Beilis, où il a fait la conclusion que les lois religieuses juives permet d'utiliser du sang dans les rituels religieux. Son livre (Le Talmud démasqué) a été publié à Saint-Pétersbourg pendant les années de recrudescence de l'antisémitisme en Russie et a été traduit en allemand, en russe, en italien, en polonaise et en lituanien. En principe, Justin Pranaïtis se base lui-même sur les livres de Johan Andreas Eisenmenger et d'August Rohling, des classiques religieux orientés antisémites. Entdecktes Judenthum d'Eisenmerge fixe un objectif "pour aider les juifs à admettre leur erreur et se renseigner sur la lumière du christianisme". Son étude interprète le judaïsme comme une collection de préjugés stupides et de loi dégénérée. Eisenmerger reproche aux juifs la mort de D*, la profanation du Mashiah et la constante nuisance des chrétiens. La plupart des auteurs européens anti-juifs ont réitérés les idées d'Eisenmenger. Une présomption fondée pourrait être faite que les propagateurs lituaniens de l'anti-judaïsme connaissaient mieux la littérature allemande, polonaise et russe que les sources originales du Talmud, quoique Justin Pranaïtis parlait hébreu et araméen.

Dans l'avant-propos du livre, Justin Pranaïtis écrit que son but était de "faire comprendre à tout lecteur de quel manière les juifs, partisans du Talmud, regardent un homme chrétien". Justin Pranaïtis donne de nombreuses citations de la Torah et du Talmud prises en dehors de leur contexte reflétant l'hostilité juive envers la religion chrétienne et l'enseignement du Mashiah, des idées montrant que les juifs ne peuvent pas être bons envers un chrétien (goy), que la tromprie d'un goy est permise, que les juifs doivent nuire aux chrétiens et les éradiquer. Justin Pranaïtis place le judaïsme et le catholicisme aux deux extrémités de l'échelle, disant que "les juifs prient et demandent à D* de ruiner l'impie et vicieux royaume de Rome, c'est-à-dire notre sainte Église catholique, tandis que le Pape nous dit de prier même pour les juifs sans valeur afin de leur faire reconnaître le Mashiah, notre Tout-puissant.

Le livre de Pranaïtis était populaire en Pologne et en Lituanie dans la première moitié du XXe siècle. Il était une source fréquente de référence des auteurs antisémites dans la Pologne de l'entre-deux-guerres.

En 1933, V. M. Grigas a pastiché certaines parties du livre de Pranaïtis et les a publiées dans la publication antisémite "Tautos žodis".

1.2. Affaire Beilis

L'affaire Beilis, comme son nom l'indique, concerne Menahem Mendel Beilis, un juif ukrainien accusé d'avoir commis un crime rituel. Beilis n'était pas un juif pieux car il travaillait aussi bien lors du Shabbat que durant les fêtes, notamment dans une fabrique de briques qu'il rejoint en 1911. La même année, un jeune garçon disparait mystérieusement avant que son corps, mutilé, ne réapparaissent une semaine plus tard dans une grotte proche de la fabrique de briques dans laquelle travaillait Beilis. Ce dernier est arrêté après que soit attesté par un allumeur de réverbères que la jeune victime ait été kidnappée par un juif. Pendant deux ans, Beilis attend son procès en prison alors que la presse russe lance une campagne d'antisémitisme, accusant les juifs de pratiquer des crimes rituels. Le procès de Beilis, en 1913, dura environ un mois et se conclut l'acquittement prononcé par un jury composé uniquement de chrétiens.

Je vous ai passé les détails de ce procès pour en venir à l'intervention de Justin Bonaventure Pranaïtis. Celui-ci a été appelé lors du procès de Beilis en tant qu'expert religieux dans les rituels juifs. Pranaïtis déclare que le meurtre du jeune garçon est un rituel religieux juif de libation de sang. Pourtant, la crédibilité de Pranaïtis s'évapore presque instantanément lorsque la défense de Beilis démontre son ignorance à propos de simples concepts et définitions issus du Talmud.

Un extrait issu du livre de Samuel Maurice (Blood accusation: The strange history of the Beiliss case) à propos de l'interrogatoire de Pranaïts au cours de l'affaire Beilis :
Q: Que signifie le terme "Hullin" ?
R: Je ne sais pas.
Q: Que signifie le terme "Erubin" ?
R: Je ne sais pas.
Q: Que signifie le terme "Yevamot" ?
R: Je ne sais pas.
Q: Quand a vécu Baba Bathra et quelle était son activité ?
R: Je ne sais pas.

(Les réponses à ces questions sont :
- Hullin est un terme qui désigne tout aliment qui n'est pas consacré. Le traité Hullin parle donc essentiellement de la casherout.
- Erubin est, dans une certaine mesure, le deuxième tome du traité Shabbat. Il traite essentiellement de l'interdiction de déplacer un objet d'un domaine à un autre le Shabbat.
- Yevamot est un traité qui explique, essentiellement, les lois de lévirat et de la mitsvah de procréer.
- Baba Bathra est un traité concernant les relations entre deux propriétaires de biens immobiliers, ainsi que la vente des biens immobiliers.)

Réaction de l'audience issue de l'autobiographie de Beilis : "Beaucoup dans l'assistance riaient de temps en temps quand il devenait clairement confus et ne pouvait même pas répondre intelligiblement à quelques questions posées par mon avocat."

(Petite parenthèse : la plus ancienne preuve de ce type d'accusation en Occident envers les juifs remonte à 1144 mais de telles rumeurs existaient dès l'Antiquité.)

2. Qu'en est-il réellement ?

En réalité, ces citations sont pour beaucoup fausses, mal citées, partiellement citées ou refletent l'avis de certains rabbins monoritaires et non-acceptés. Le contexte dans lequel ces citations sont ramenéess est accusateur et polémique, visant à effondrer la moralité des textes talmudiques et celle du peuple juif. La tradition juive, telle qu'elle s'exprime dans les textes talmudiques et post-talmudiques, prend en consideration la morale et tend à unifier la norme religieuse avec la norme morale, et ceci également en ce qui concerne le rapport au monde non-juif.

2.1. Quelques exemples

[En italique, la version faussée. En normal, la version réelle. Remplacez à volonté non-juif par chrétien, autre traduction que l'on retrouve en contexte chrétien.]

Talmud, Abhodah Zarah 25b : Se méfier des non-juifs quand on voyage avec eux à l’étranger.

Avoda Zarah 25b parle des idolâtres et il n'est pas question de voyage à l'étranger. L'exemple qui y est donné est celui de l'occupation romaine d'Israël et d'une circonstance où il est clair que l'on a affaire à des bandits.

Talmud, Kerithuth 6b p. 78 : Les juifs sont des humains, les non-juifs sont des animaux.

Le texte de la Torah comporte deux désignations de l'homme : l'une avec l'article (HaAdam où Adam est un nom commun pour désigner l'humanité en général) et l'une sans article (où Adam est un nom propre comme dans Adam et Eve). Le Talmud, lisant un verset prophétique, remarque que la désignation Adam s'applique à Israël seul et HaAdam aux Nations, et pas du tout que les non-juifs sont des animaux.

Talmud, Makkoth 7b : On est innocent du meurtre involontaire d'un Israélite, si l'intention était de tuer un koutim (non-juif), tout comme on est innocent du meurtre accidentel d'un homme, quand l'intention était d'abattre un animal.

Le texte ici ne porte pas les idolâtres mais sur les Koutim. Les Koutim étaient des gens importés en Samarie pour remplacer les Dix tribus déportées par les Assyriens. Il y avait donc là un contexte conflictuel et pas seulement le problème des relations avec de simples non-juifs, fussent-ils idôlatres. Par ailleurs, ne pas être passible de mort dans le cas d'un homicide ne signifie pas que l'on soit innocent.

Talmud, Orach Chaiim 20, 2 : Les non-juifs se déguisent pour tuer les juifs.

Ce qui est, en réalité, écrit est que l'on ne doit pas vendre de taleth avec tsitsith à un idolâtre. Pour quelle raison en voudrait-il ? N'y a-t-il pas le risque qu'il s'en serve pour s'approcher d'un Juif et le tuer ? Cette technique existe, malheureusement, encore de nos jours.

Talmud, Schabbath 116a (p. 569) : Les juifs doivent détruire les livres des non-juifs (Nouveau Testament).

Le contexte dans lequel on retrouve cette phrase, de sucroit mal traduite (c'est plutôt "doivent laisser brûler" qu'il faut dire) est une discussion pour savoir ce que l'on doit sauver si un incendie a lieu pendant le Shabbat. Ne pouvant éteindre l'incendie et ne pouvant tout sauver, on doit laisser certaines choses dans le feu. Cette phrase est donc uniquement là pour dire, bien que le livre des chrétiens contient des phrases issues de la Bible hébraique, il n'a pas de caractère sacré et ne doit pas etre sauvé du feu.

Talmud, Schabbath 145b : Les non-juifs sont impurs car ils mangent de la nourriture impure.

Le texte ne parle pas de non-juifs mais d'idolâtres. Le terme mezohamim ne signifie pas impurs mais ce que l'on retrouve dans le christianisme à propos de l'état de l'humanité depuis le "péché originel". Le Talmud dit qu'Israël en a été enlevé par l'événement du Sinaï. De plus, la référence en question ne dit pas "parce qu'ils mangent de la nourriture impure" mais parce qu'ils ne se sont pas tenus sur le mont Sinaï.

Talmud - Iore Dea 198, 48 : Les femmes juives sont contaminées par la simple rencontre d'un non-juif.

La femme juive sortant de l'édifice du bain rituel doit éviter que sa première rencontre soit avec une chose impure ou un animal et il lui est donc recommandé de s'arranger pour qu'une amie l'attende à la sortie.

2.2. Erreurs dans le référencement des citations

Les personnes ayant établi ces listes de citations n'ont pas connaissance de ce qui compose le Talmud. C'est pourquoi l'on retrouve répertorié, parmi les divers traités du Talmud, des références issues d'autres livres. Par exemple, Orach Chayim et Yore Dea ne sont pas des traités talmudiques mais des sections de l'Arba'ah Tourim, un recueil des lois juives réalisé par Yaakov ben Asher, un rabbin des XIIIe/XIVe siècles.

Certaines de ces citations présentent le numéro de page assorti de la lettre C. Or, le Talmud, édité depuis le XVIe siècle suivant l'édition de Bomberg, numérote le recto d'une page avec la lettre A et le verso avec la lettre B. Dans le même genre, l'on retrouve parfois un numéro de page suivant le numéro assorti d'un A ou d'un B, ce qui n'existe pas dans une citation correcte du Talmud étant donné que le premier nombre est déjà le numéro de la page.

Ecrit par Ahouva.

Source : http://interreligieux.xooit.com/t44-Controverse-concernant-le-Talmud-Mise-a…
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Dernière édition par dorcas le Mar 16 Aoû - 12:47 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 13 Déc - 14:55 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Ahouva


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MessagePosté le: Mer 16 Déc - 11:04 (2009)    Sujet du message: Controverse concernant le Talmud Répondre en citant

Merci d'avoir publié ma "recherche", Dorcas :)
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MessagePosté le: Mer 16 Déc - 19:15 (2009)    Sujet du message: Controverse concernant le Talmud Répondre en citant

Oh, excuse-moi j'ai oublié de mettre ton mais j'ai mis le lien de ton forum.

Je trouvais cela tellement intéressant.

dorcas
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